L'écho de Jean XXIII

20 mars 2026

Interdire les réseaux sociaux avant 15 ans : une bonne idée ?

Le 26 janvier 2026, les députés ont voté une proposition de loi qui pourrait bien changer le quotidien des adolescents. Le texte prévoit d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, ainsi que l’utilisation des téléphones portables dans les lycées. Emmanuel Macron a salué ce vote comme une « étape majeure ».

 

Pour justifier cette mesure, le gouvernement s’appuie sur de nombreuses études alertant sur les risques des écrans et des réseaux pour les jeunes : exposition à des contenus choquants, cyberharcèlement, troubles du sommeil, isolement, ou encore dépendance.

 

Mais au fond, la question persiste : est-ce vraiment la bonne solution ?

 

Si la proposition a été adoptée par l’Assemblée, elle divise l’opinion. Selon une étude de l’Observatoire de la Parentalité et de l’Éducation Numérique (OPEN), 89 % des parents d’enfants de 6 à 16 ans seraient favorables à une interdiction avant 13 ans, et 74 % avant 15 ans.

 

Deux camps s’affrontent, avec des arguments solides.

 

D’un côté, ceux qui défendent l’interdiction mettent en avant la vulnérabilité des adolescents. À cet âge, on manque souvent de maturité et d’esprit critique face aux algorithmes et aux stratégies des plateformes. Les risques sont bien réels : santé mentale fragilisée par des contenus violents, cyberharcèlement, défis dangereux, addiction… Pour beaucoup de parents, une telle loi serait un soulagement, eux qui se sentent parfois dépassés. Enfin, certains y voient une opportunité : moins de réseaux sociaux, c’est peut-être plus de temps pour d’autres passions, et pour favoriser une communication réelle et non virtuelle.

 

De l’autre, les opposants doutent de son efficacité. Les jeunes trouveront toujours des moyens de contourner les interdits, argumente-t-on. Et puis, est-ce que cela ne les exclurait pas socialement, si tous leurs camarades restent connectés ? Cela pourrait aussi crisper les relations familiales et couper le dialogue entre parents et enfants. Enfin, beaucoup pointent une contradiction : comment, d’un côté, encourager le numérique à l’école, et de l’autre, restreindre son usage ?

 

Au final, cette loi pose une question complexe. Si elle peut protéger les plus jeunes, elle ne réglera pas tout. Éduquer au numérique et accompagner les familles restent, plus que jamais, essentiels.

 

Lisa LE BERRE